Laboratoire méditerranéen de préhistoire Europe Afrique (LAMPEA) — UMR 7269 — Université d’Aix-Marseille, CNRS, INRAP



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Equipe 3 | Biographies humaines passées : environnement, biologie, expressions techniques, sociales et « abstraites » – Biographies

Coordinatrices : Gwenaëlle Goude CNRS, Yaramila Tchérémissinoff INRAP

Personnels permanents - AMU : Maxence Bailly
Personnels permanents - CNRS : Estelle Herrscher, Alessandra Varalli
Personnels permanents - Ministère de la Culture : Pascale Barthes, Pierre-Arnaud de Labriffe,Xavier Margarit
Personnels permanents - INRAP : Florent Chateauneuf, Alda Flambeaux, Marion Gasnier, Bertrand Gourlin, Anne Hasler, Renaud Lisfranc, Sabine Negroni, Florian Soula

Doctorants : Justine Aufils, Solène Chevallier, Emma Monier, Lou Spanneut

Post-Doctorants : Alice Vinet (ATER AMU)

Membres associés : Sara Bernardini, Hayette Berkani, Camille de Becdelièvre, Agnès Caraglio, Marie-Philippine Montagné, Marie-Elise Porqueddu, Laurine Viel, Andrzej Weber

Nos recherches :

L’équipe « Biographies » travaille collectivement sur l’identification des réponses biologiques et culturelles des groupes humains face à la diversité des écosystèmes anciens et leur évolution. Ces réponses ayant elles-mêmes un impact sur les milieux et les structurations sociales, il s’agit d’évaluer l’(in-)adaptabilité et la muabilité des groupes humains face aux changements et aux pressions économiques, démographiques, sanitaires et sociales.
La période cible de notre équipe est la Préhistoire récente (Holocène), et plus particulièrement à partir de l’établissement des premières sociétés agropastorales. L’histoire de vie, ou les histoires de vie, de ces premiers agropasteurs, ainsi que leurs cultures matérielles, nous permettent d’aborder ces interactions à différentes échelles de lecture et il apparaît essentiel de raisonner avec une approche pluridisciplinaire et globale des enjeux sur l’évolution des communautés du passé.
Les différents domaines d’expertise des membres de cette équipe nous amènent à réfléchir conjointement dans une perspective où les « faits » biologiques (par exemple, l’âge, le sexe, l’état de santé) et les productions/artéfacts/gestes archéologiques (par exemple modes d’inhumation, type d’outillage) sont interprétés dans un ensemble et permettant de mieux définir ce que veut dire « statut social », « organisation économique » ou « territorialité ». Cette approche s’inscrit également dans une démarche « ethnoarchéologique » considérant, outre les marqueurs classiques de la culture matérielle, les « gestes » techniques (« chaîne opératoire »), les orientations économiques, agents et modèles d’apprentissage (constitution d’une technique céramique, ou modification dans l’acquisition des ressources alimentaires, par exemple), et abordant, au-delà, les territoires proches ou les réseaux plus étendus par le biais de la circulation des matières premières ou objets, des pratiques abstraites, des modèles d’organisation sociale, voire de la conflictualité intra- ou interpopulationelle. Les modes et importance de prosociabilité pourront être également abordés.

Nos expertises et outils :

Nos compétences s’appuient sur des savoirs-faire, des terrains à l’échelle nationale et internationale, des programmes de recherches et des collaborations (Musées, Instituts) ainsi que des plateaux techniques. Les membres de l’équipe sont également engagés dans la formation académique et la diffusion vers le grand public.

Nos programmes scientifiques en cours : (en cours de construction)

  • PCR Sociétés humaines et paléoenvironnements dans la plaine de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume (Var), du Paléolithique à l’âge du Fer (Dir. A. Flambeaux et C. Landuré)

Le projet collectif de recherches a été initié par Corinne Landuré (SRA PACA/CCJ-UMR7299) en 2018 en vue de rassembler et publier les données principalement issues des nombreuses opérations d’archéologie préventive réalisées dans la plaine de Saint-Maximin durant les deux dernières décennies. Quarante-neuf diagnostics et fouilles sont recensés sur cette période, couvrant une superficie de plus de 74 hectares. A cela s’ajoutent les informations issues d’opérations de suivis de travaux et de prospections pédestres réalisées dans les années 1980-90 (travaux Carrazé) et à partir des années 2000 (travaux Roca). Les problématiques abordées sont scindées en deux axes.

Axe 1 : étude des processus de peuplement de la plaine de Saint-Maximin (coordination Alda Flambeaux - Inrap/Lampea-UMR7269)
Les travaux de l’axe 1 ont pour objectif d’étudier l’évolution du peuplement de la plaine de Saint-Maximin à la Pré- et Protohistoire. La compilation des données disponibles sur les cultures matérielles céramiques et lithiques doit permettre d’établir un cadre chronologique précis pour les périodes du Néolithique, de l’âge du Bronze et du Fer et de caractériser les faciès de la plaine afin de pouvoir les comparer à ceux identifiés dans la région et plus largement dans le Midi de la France.
La majeure partie des informations traitées dans le cadre de nos travaux proviennent de fouilles préventives localisées dans la partie méridionale de la plaine. Plusieurs sites ou indices de sites repérés lors de suivis de travaux ou de prospections sont également pris en compte dès lors qu’ils sont considérés comme pertinents dans les réflexions.

Axe 2 : étude géoarchéologique et paléoenvironnementale des dépôts de comblement de la dépression de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume (coordination Olivier Sivan - Inrap/Lampea-UMR7269 Equipe 1)
Les travaux de cet axe ont pour ambition de documenter les conditions paléoenvironnementales et paléoclimatiques des communautés du Paléolithique supérieur en Provence (SIO 4, 3 et 2). Nous insistons ici sur le caractère unique et exceptionnel de l’enregistrement sédimentaire de la paléo-cuvette lacustre de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume pour le développement de ce type de problématique. La nature continue de ce remplissage lacustre permet, d’ores et déjà, et pour la première fois, de positionner des sites majeurs comme la grotte Cosquer ou la Baume Bonne dans un véritable continuum paléoenvironnemental et paléoclimatique. Ceci complète clairement notre connaissance des environnements passés jusqu’alors documentés par les seuls instantanés que sont les restes fauniques et les colmatages sédimentaires de cavités occupées.
A ce jour, les données paléoenvironnementales exploitées dans le cadre de ce programme résultent de l’étude systématique de 20 tranchées profondes réalisées à la faveur de fouilles ou diagnostics récents, d’un sondage profond et de 2 carottages (SCSMax1 et SCSMax2). Le financement des carottages et des analyses paléoenvironnementales a été assuré, dans le cadre de ce PCR, par le Service Régional de l’Archéologie de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur.

  • projet Évolution des sociétés préhistoriques et protohistoriques dans leurs espaces : Archéologie des territoires en vallée de Conca (Corse-du-Sud) (Dir. F. Soula INRAP, L. Manca)

Ce projet de recherche (2014-présent) vise à mieux connaitre les sociétés du début de l’âge du Bronze à travers la fouille de divers gisements de la vallée de Conca (Sartène et Grossa, Corse-du-Sud). L’objectif est de clarifier la genèse des sociétés complexes formées graduellement à partir de la découverte des premiers métaux, entre le Néolithique final et l’âge du Bronze, quand des phénomènes de large ouverture géographique, comme le mégalithisme et l’émergence des habitats fortifiés, marquent en Corse un profond changement au niveau social et économique. L’application d’une approche systémique et pluridisciplinaire, s’inspirant partiellement de la Landscape Archaeology, se fonde sur la fouille de plusieurs types de sites et contextes archéologiques qui composent le paysage préhistorique. Avec les recherches sur le monument mégalithique de Vaccil Vecchiu (2014-2015) et celles de l’habitat fortifié de Castellu di Coscia (2016-présent), ce projet s’intéresse plus particulièrement à deux phases de transition techno-économiques et culturelles, entre le Néolithique final (Terrinien), le Bronze ancien et le Bronze moyen. lus de détails sur le projet sur le lien suivant : https://lampea.cnrs.fr/spip.php?article4047

  • ARC Mas Rouge (Dir. Y. Tchérémissinoff) (étude ostéo-archéologique E. Monier doctorante)

La sépulture collective de Mas Rouge à Montpellier (Hérault, France) est une sépulture remarquable du Néolithique final localisée en bordure méditerranéenne (plaine languedocienne). Elle a été fouillée dans un contexte d’urgence (découverte exceptionnelle dans le cadre d’aménagements routiers en 2013, dir. Y. Tchérémissinoff, Inrap) et son analyse s’inscrit dans un temps long, avec des études thématiques menées et publiées au fil de l’eau. À leur issue, une monographie synthétique sera éditée. Une partie de la documentation est proposée en accès libre au fur et à mesure sur le lien suivant : https://sepulturecollective-masrouge.nakala.fr/ (tous les contenus sont soumis à citation et les images ne sont pas libres de droits)

  • Les cavités artificielles du Perpétairi (Mollans-sur-Ouvèze, Drôme) : reprise des recherches et prospection thématique (Dir. M-E Porqueddu, L. Viel, A. Caraglio)

L’hypogée du Perpétairi (Mollans-sur-Ouvèze, Drôme) est une cavité artificielle funéraire datée par son mobilier de la fin du Néolithique et fouillée en 1914 par les frères Catelan. Dans les années 1960, de nouvelles études sont menées : une reprise du mobilier (J. Courtin), une prospection et des sondages (G. et B. Rosselló avec S. Nikitine). Cette prospection a permis de recenser 22 cavités d’origine anthropique et 3 abris naturels sur la colline du Perpétairi et celle voisine de la Vouronnade. L’hypogée, appartient au groupe drômois-vauclusiens avec notamment les hypogées des Crottes à Roaix et du Capitaine à Grillon (Vaucluse).

Les travaux ont été repris en 2023 par une équipe dirigée par Marie-Élise Porqueddu (École des Hautes Études Hispaniques et Ibériques, Casa de Velázquez, chercheure associée LAMPEA) en collaboration avec Laurine Viel (Cité de la Préhistoire, Aven d’Orgnac, chercheure associée LAMPEA). L’équipe scientifique est composée de Pierre André, Agnès Caraglio, Anne Cloarec-Quillon, Jean-François Colonat, Enzo C. Del Corso, Pauline Debels, Carla Giuliani, Jules Kemper, Mélie Le Roy et Adrien Reggio.
La prospection thématique menée à l’automne 2023 sur les collines du Perpétairi et de la Vouronnade a permis de dénombrer 16 cavités artificielles sur les 22 recensées en 1962 ainsi que de répertorier une cavité artificielle inédite sur la colline de la Vouronnade. L’hypogée néolithique est toujours présent et pourrait former avec deux autres espaces un groupe de cavités creusées au cours de cette période. Les autres cavités apparaissent principalement creusées dans des terrasses de cultures et pourraient donc être en lien avec des activités agricoles au cours des époques modernes et contemporaines.
En parallèle de la prospection thématique, une étude documentaire et archivistique a été menée afin de proposer une historiographie complète du site et de travailler sur les données provenant des sondages et de la fouille menée dans les années 1960.

Les recherches se poursuivent désormais selon deux principaux axes :
• Une meilleure compréhension de l’occupation au Néolithique des collines du Perpétairi et de la Vouronnade par l’étude inédite du mobilier provenant des opérations des années 1960, une campagne de datation permettant un premier phasage chronologique de cette occupation et des collaborations avec des chercheurs travaillant sur d’autres hypogées du groupe drômois-vauclusien.
• Une étude diachronique de l’évolution de ce paysage spécifique et de l’utilisation des cavités artificielles de la Préhistoire à nos jours.

  • ANR WomenSOFar (Dir. G. Goude, G. leduc, S. Rottier)

Le projet (2022-2026) documente la diversité des organisations sociales et les rôles des femmes dans les premières communautés d’agropasteurs (Ve-IVe mill. av. notre ère) en France et Méditerranée. Il s’organise autour d’une approche multidisciplinaire et holistique de l’étude des restes humains afin d’identifier différentes interactions possibles entre la biologie, les comportements et l’environnement. Les études de terrain, de laboratoire et les communications sont présentées sur le lien suivant : https://womensofar.hypotheses.org/

  • ANR Homeland (Dir. B. Perello, E. Herrscher)
  • ANR SWEED (Dir. M. Tengberg, E. Herrscher)

Nos implications dans les projets de recherche : (en cours de construction)

  • Houses, death and identity in Late Neolithic Sardinia (Dir. G. Robin Edinburgh University) (F. Soula)

Le projet « Death, landscape and agency : mapping dead-living interactions in Late Neolithic Sardinia (Italy) », (Titre @GIR : « Habitats néolithiques du Nord de la Sardaigne ») a été initié par G. Robin (Prof. University of Edinburgh) en collaboration avec F. Soula (Inrap – Lampea UMR 7269 CNRS) et K. Lilley (PhD University of Edinburgh, travail sur les tombes hypogées décorées). Il vise principalement la mise en œuvre de recherches sur les relations entre le monde des morts et le monde des vivants en Sardaigne au Néolithique et au Chalcolithique. Deux aires géographiques ont été sélectionnées dans le cadre du projet : 1) sur la commune d’Ossi, les nécropoles à hypogées de Mesu ’e Montes et de S’Adde ‘e Asile dont le territoire environnant a été prospecté finement en 2017 et 2018. Les nécropoles ont été relevées en trois dimensions par drone et en « close range » sous terre afin de produire des modèles et planimétries très précises. Les prospections de 2017 ont permis de découvrir l’emplacement d’un habitat sur le plateau de Monte Mannu, qui fait face à la nécropole Mesu ‘e Montes : ce site fait maintenant l’objet de plus amples investigations (fouilles 2019, 2021, 2022) ; 2) sur la commune de Bonorva, le site d’habitat étudié se trouve sur la Punta Ferulosu, un relief faisant face à la célèbre nécropole de Sa Pala Larga (connue pour ses décors gravés et peints particulièrement bien conservés). Les investigations ont débuté en 2019, puis les fouilles en 2022. Plus de détails sur le projet sur le lien suivant : https://lampea.cnrs.fr/spip.php?article4048

  • PCR Habitats MK du plateau de Brie (Ile de France),PCR complexe monumental de la Genetoye (Bourgogne) (S. Negroni)
  • PCR BronzPal (Dir. R. Peake INRAP) (A. Varalli, E. Herrscher)
  • PCR Orthez-1814 (Dir. I. Souquet INRAP) (G. Goude)
  • PCR Occupations humaines sur le plateau de Méjannes-le-Clap et les gorges de la Cèze à la transition Néolithique final –début de l’âge du Bronze, Dynamique d’occupations et pratiques funéraires (Dir. M. Le Roy) (F. Chateauneuf, L. Viel, G. Goude)

Mots-clés - Culture matérielle, Bio-archéo-anthropologie, Gestes et pratiques funéraires, « Chaînes opératoires », communautés de pratiques (techniques ou symboliques), Alimentation, Circulation et mobilité, Habitat, Dynamique de peuplement, (In-)Adaptabilité, Mégalithisme, Hypogéïsme, Sépultures, Isobiographie, Paléoenvironnement, (In-)égalité, Prosociabilité et rapports sociaux.