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Parution | Remise en question de l’origine néandertalienne de l’art rupestre espagnol

Edwige Pons-Branchu et collaborateurs, dont Michel Fontugne, membre associé au LAMPEA, viennent de publier leur travaux sur la datation par la méthode U-Th des gravures rupestres du site de Nerja en Espagne dans le dernier numéro du Journal of Archaeological Science.

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Référence

Pons-Branchu E, Sanchidrián JL, Fontugne M, Medina-Alcaide MÁ, Quiles A, Thil F, Valladas H. 2020. U-series dating at Nerja cave reveal open system. Questioning the Neanderthal origin of Spanish rock art. Journal of Archaeological Science 117:105120.

Résumé

La datation des voiles de carbonate recouvrant des peintures ou des gravures rupestres en utilisant la méthode basée sur les déséquilibres radioactifs dans la famille de l’Uranium et principalement la méthode Uranium/Thorium (U/Th) est maintenant pratiquée couramment (Bischoff & al 2003, Plagne & al, 2003, Pike et al 2012, Fontugne & al, 2013, Aubert & al 2014, Hoffmann et al., 2016 ; Hoffman et al., 2018 ; Aubert & al 2018 parmi d’autres). Pons-Branchu et Coll., en 2014 pointaient les difficultés et les limitations de cette méthode. Pour appuyer leurs dires, le présent article montre que les dates U/Th des voiles de carbonate couvrant les peintures de la grotte de Nerja en Espagne présentaient beaucoup de valeurs erronées caractérisées par une relation entre les teneurs en uranium du carbonate et leurs âges apparents : les faibles concentrations en uranium donnant les âges les plus anciens. Cette situation est une des caractéristiques d’un système chimique ouvert posant la question de la mobilité de l’uranium due à sa plus grande solubilité comparée à son élément fils, le throrium pratiquement insoluble. En reconsidérant les données (U/Th) publiées pour les grottes espagnoles de Ardales, Maltravieso et La Pasiega, il est permis de constater une relation inverse entre les concentrations en uranium et les âges apparents des concrétions attribués jusqu’à maintenant au Paléolithique moyen (Hoffmann et al., 2018). Ces résultats suggèrent une mobilité de l’uranium et par conséquent des âges anciens erronés. Pour améliorer la fiabilité de la chronologie, les auteurs préconisent l’utilisation si possible d’un second chronomètre, de faire une étude minéralogique des concrétions afin de mettre en évidence les processus de dissolution ou de transformation des minéraux (aragonite/calcite), d’étendre cette étude au panneau peint dans la grotte, et d’analyser les processus actuels de formation de ces concrétions pour la période récente.