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Découverte | Les chevaux et aurochs vivaient-ils dans des zones humides au Pléistocène moyen ?

Les résultats de l’analyse inédite de la micro-usure dentaire des chevaux et des aurochs du site de Lunel-Viel, réalisés par Antigone Uzunidis, sont publiés on line dans la revue Quaternary International.

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Référence
Uzunidis A. 2020. Dental wear analyses of Middle Pleistocene site of Lunel-Viel (Hérault, France) : did Equus and Bos live in a wetland. Quaternary International, Available on line 12 April 2020 : https://doi.org/10.1016/j.quaint.2020.04.011

Résumé

Analyses de l’usure dentaire du site Pléistocène moyen de Lunel-Viel (Hérault, France) : Chevaux et Aurochs vivaient-ils dans des zones humides ?

L’analyse de l’usure dentaire des chevaux et des aurochs du site de Lunel-Viel précise leurs comportements alimentaires et la répartition des ressources entre ces deux ongulés. Elle décrit les environnements locaux de Lunel-Viel et l’éthologie de proies des humains vers 300 000 ans. Cette étude réalisée au LAMPEA a permis de souligner d’importantes différences dans le comportement alimentaire des ongulés actuels et fossiles mais également dans le partage des ressources végétales. Les résultats de cette analyse ont permis de décrire et comparer les habitudes alimentaires de bovinés et équidés actuels et fossiles du Pléistocène moyen. Ils indiquent que ces deux groupes, des deux périodes, n’ont probablement pas dû occuper le même type de biotope. À Lunel-Viel, les équidés et les bovinés cohabitaient grâce à la richesse et diversité végétale plus importante. Les caractéristiques du biotope occupé par les chevaux et les aurochs de Lunel-Viel ne correspondent pas à celui de la Tour-du-Valat. Il est donc très improbable que ces animaux aient habité un environnement similaire à la Camargue actuelle caractérisé par des environnements humides (de type marais, marécages, chenaux). De plus, notre étude démontre de la grande résolution spatio-temporelle de la méthode d’usure dentaire, qui permet aussi dans le cas présenté d’inférer que les prédateurs, non-humains et humains, disposaient de ressources alimentaires pérennes et variées.