Laboratoire méditerranéen de préhistoire Europe Afrique Lampea

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La bipédie humaine : épistémologie, paléo-anthropologie, métaphysique / Mathilde Lequin

[Soutenance de thèse]

mardi 2 juin 2015 à 14 heures
Paris

Université Paris Ouest Nanterre (bâtiment B - salle B015 Renée Remond)

Résumé :
La paléoanthropologie utilise la bipédie comme critère d’interprétation des vestiges fossiles permettant d’établir leur appartenance à la lignée humaine. Ainsi, la bipédie devient une caractéristique propre à la lignée humaine et qui en marque l’origine. Nous identifions ici un « cercle herméneutique » de la paléoanthropologie, puisque l’humain y est défini par la bipédie et, réciproquement, tout bipédie est interprétée comme étant nécessairement humaine. Du fait de cette circularité, les traits associés à la bipédie sont surinterprétés dans la description des vestiges fossiles, qui se voient alors conférer une signification fonctionnelle et phylogénétique univoque. L’unicité de la bipédie humaine constitue un principe d’interprétation resté ininterrogé en paléoanthropologie. Ce point révèle l’attachement de cette discipline scientifique à une conception philosophique du propre de l’homme qui semble pourtant difficilement compatible avec l’approche évolutionniste. Au contraire, une véritable épistémologie de la paléoanthropologie doit mettre en perspective la signification accordée à cette caractéristique anthropologique : nous nous y employons dans cette thèse, en montrant que le concept métaphysique de « station droite » trouve son écho dans le concept naturaliste de « bipédie ». Cette continuité ou cette capillarité de la philosophie à la science est mise en évidence à travers les usages du critère de la bipédie dans la description de plusieurs espèces fossiles. De Pithecanthropus erectus à Ardipithecus ramidus, nous analysons différents modes de l’équivalence entre « bipède » et « humain ». Cette équivalence, souvent implicite, représente une source de confusion majeure pour la paléoanthropologie, impliquant un concept d’ « humain » aux contours flous. Notre épistémologie de la paléoanthropologie dégage donc différents problèmes que cette discipline se doit d’affronter pour que le débat sur l’évolution de la bipédie dans la lignée humaine puisse avancer.

Composition du jury :
M. Thierry Hoquet, université Lyon 3, France, directeur de thèse
M. François Marchal, université d’Aix-Marseille, France, co-encadrant
M. Raymond Corbey, université de Leiden, Pays-Bas, rapporteur
M. Frédéric Worms, Ecole Normale Supérieure, France, rapporteur
M. Denis Forest, université Paris Ouest Nanterre La Défense, France, examinateur
M. Jean Gayon, université Paris 1, France, examinateur