Laboratoire méditerranéen de préhistoire Europe Afrique Lampea

Laboratoire méditerranéen de préhistoire Europe Afrique
Lampea, UMR 7269


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Directeur de l'unité
Jean-Pierre Bracco

Directeurs adjoints
Jean-Philip Brugal
Estelle Herrscher


LAMPEA (UMR 7269) MMSH
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5 rue du Château de l'Horloge
13094 Aix-en-Provence
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33 (0) 442 52 42 94
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Maion méditerranéenne des sciences de l'homme

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P2-Cultures matérielles : systèmes techniques et représentations

Responsable : Maxence Bailly

Membres permanents : Maxence Bailly, Jean-Pierre Bracco,Pascale Barthes, Fabien Convertini, Anne Hasler, Xavier Margarit, Cyril Montoya, Sabine Negroni, Raphaël Orgeolet, Jean-François Pasty, David Pelletier

Doctorants & Post-Doctorants : Claudia Defrasne, Angela Fuggi, Masson Mouret Jules, Marie-Philippine Montagné, Marie-Elise Porqueddu, Adrien Reggio, Antonin Tomasso, Laurine Viel

Mots clés - socio économie, systèmes techniques, technologie culturelle, culture matérielle, représentations

Préambule

Autour d’un intitulé apriori vaste, ce programme a pour objectif de réunir une série de travaux qui portent sur des analyses technologiques et typologiques de mobiliers archéologiques et l’étude d’images archéologiques.

L’analyse des productions matérielles reste la voie d’accès privilégiée à la compréhension des organisations et des transformations des sociétés préhistoriques. Ce programme regroupe les travaux sur l’ensemble des matériaux et les différentes voies d’entrée utilisées au sein de l’unité : caractérisation et économie des matériaux, analyses fonctionnelles, approches cognitives des pratiques techniques, des savoirs et des savoir-faire.
Les travaux sur les industries lithiques et céramiques des sociétés d’Europe méridionale, du Maghreb et de l’Afrique sub-saharienne sont depuis longtemps un des points forts de l’unité. Les représentations préhistoriques réalisées par différentes populations : « arts » rupestre, décors céramiques doivent être considérés comme des données archéologiques et trouvent également ici leur place.
Ces travaux sont centrés, sans exclusive mais préférentiellement, sur un espace méditerranéen au sens large, avec ses hinterlands respectifs, ainsi que sur les zones privilégiées dans l’unité pour leur valeur heuristique comme les domaines insulaires et montagneux. Dans ce cadre, les travaux de l’équipe s’appuient sur l’étude de collections déjà acquises mais aussi sur des travaux de terrain aptes à développer et enrichir les problématiques scientifiques ici décrites.

Une double perspective

Le dénominateur commun est double :

1/Répertoires de formes (objets, décors ou images) qu’appréhendent la typologie, actions techniques et chaînes opératoires, fonctionnements et fonctions relèvent de pratiques, de traditions et de représentations mentales médiées, matérialisées, dont témoignent les corpus archéologiques.

2/Si l’analyse des productions matérielles (technologie culturelle) comme l’analyse des images archéologiques ne peut progresser sans la prise en compte de la variabilité (il n’y a pas d’analyse technologique sans variabilité des productions), l’interprétation archéologique ne peut être fondée en dehors d’une approche contextuelle. Par exemple, le glissement inférentiel qui permet de passer du fonctionnement à la Fonction, classique en préhistoire depuis l’article de François Sigaut, ne peut s’opérer sans une prise en compte des contextes archéologiques.

Nous espérons que nos collègues, lecteurs éventuels de cette page, ne nous reprocherons pas de rappeler ici ce qui doit leur apparaître comme des prémices triviales. Sans remonter à von Bertalanffy, ces remarques placent bien évidemment notre programme de recherche dans une logique systémique. Mais notre objectif vise à dépasser son caractère fonctionnaliste ou utilitariste, pour tenter de rejoindre une conception plus large de la culture matérielle (technologie culturelle et material culture studies), qui englobe aussi bien la notion de système technique que des développements conceptuels plus récents autour de la matérialité, de l’agentivité, etc.

Les opérations en cours génèrent des travaux de terrains ou des travaux de laboratoire auxquels participent les membres du laboratoire. Les collaborations avec d’autres équipes sont fréquentes. Ce sont les programmes qui permettent de définir l’essentiel des travaux de master et de doctorat. Dans ce cadre le travail des Enseignant-Chercheurs consiste à établir une interface entre, d’une part, une recherche collective en cours qui nécessite le traitement de données et l’avancement de problématiques et, d’autre part, la formation d’étudiants par la recherche en traitant des sujets inédits, pertinents et originaux.

Trois axes

D’un point de vue méthodologique, les travaux du laboratoire s’inscrivent dans 3 axes :

1/Morphogénèses et typologies
Le classement et l’analyse des répertoires morphologiques constituent non seulement un travail liminaire nécessaire à toute étude archéologique, mais le développement d’approches constructivistes et statistiques permet d’en renouveler le discours. Les typologies demeurent un des moyens d’accéder à l’évolution des répertoires et à ce qu’elles signent du point de vue des traditions culturelles, des peuplements et des diffusions des formes et idées techniques.

2/Analyses systémiques des productions matérielles
L’analyse systémique des productions matérielles permet aujourd’hui d’intégrer de manière systématique et optimale les différents aspects et outils que requiert son analyse. Approche opérante depuis deux décennies dans la description des schémas et concepts opératoires (technologie) et des fonctions et fonctionnements des outils (tracéologie), elle permet aujourd’hui d’aborder selon un cadre conceptuel et méthodologique robuste des approches résolument anthropologiques et cognitives (segmentation spatiale des activités de production et de consommation, processus d’inventions techniques et modalités de leur diffusion, évaluation de la place du système technique au sein de l’ensemble des activités pratiques, sociales, symboliques… des sociétés).

3/Mécanismes intergénérationnels de la transmission culturelle : traditions et reproduction sociale
Cet ensemble de travaux se consacre aux représentations ainsi qu’aux utilisations de la culture matérielle dans les dispositifs de reproduction sociale, de matérialisation de l’identité, de distinction et de compétition entre individus. Cet ensemble de comportements est généralement regroupé sous l’étiquette de agency et plus ou moins bien traduit par le terme d’intentionalité. A l’instar de la technologie culturelle (voir ci-dessus), ces approches permettent de constituer un véritable savoir anthropologique sur les populations préhistoriques, à condition de maintenir un cadre terminologique et épistémologique clair et précis.

Terrains et collections

Les principales opérations en cours sont les suivantes (sans classement hiérarchique ou chronologique) :

- La fouille et l’étude de l’habitat néolithique final du Collet Redon à Martigues (Bouches-du-Rhône) sous la direction de Xavier Margarit. Terrain achevé en 2014. Etudes en cours.

- La fouille et l’étude du site néolithique moyen des Bagnoles à l’Isle-sur-la-Sorgue (Vaucluse) dans le cadre d’une fouille école internationale (UMR LaMPEA/université de Bâle/Musée National Suisse/UMR ADES) sous la direction de Samuel van Willigen, et la direction adjointe de Brigitte Roeder, Maxence Bailly et Aurore Schmitt. Terrain achevé en 2015. Etudes en cours.

- La reprise des travaux d’analyse et de synthèse consacrés aux monuments mégalithiques hypogées de Fonvieille Arles (Bouches-du-Rhône) dans le cadre d’un Projet Collectif de Recherche dirigé par Xavier Margarit. Etude en cours.

- La fouille de l’habitat de l’âge du Bronze de Kirrha en Grèce continentale sous la direction de Raphael Orgeolet en collaboration avec des collègues de l’ENS. Terrain en cours.

- L’étude du peuplement néolithique en Provence dans le cadre de travaux d’archéologie préventive de l’INRAP réalisés sous la direction de Jean-Philippe Sargiano, Anne Hasler, Renault Lisfranc et des travaux de recherche sur le peuplement néolithique menés par André D’Anna et Agnès Caraglio.

- L’étude du peuplement néolithique dans la plaine de Montpellier dans le cadre de travaux d’archéologie préventive de l’INRAP sous la direction de Fabien Convertini et Yaramila Tchérémissinoff.

- La fouille et l’analyse technologique et architecturale des monuments funéraires mégalithiques du sud de la France par André D’Anna, Florent Chateauneuf et Noisette Bec Drelon. Projets en cours.

- L’étude des productions lithiques de l’Epigravettien méditerranéen réalisées par Jean-Pierre Bracco et Cyril Montoya.

- L’étude des productions lithiques et de l’habitat à la charnière Mésolithique/Néolithique au Maghreb par Simone Mulazzani.

- L’analyse pétro-archéologique des premières productions céramiques de France méditerranéenne par Fabien Convertini.

- Chrono-typologie des productions céramiques du Néolithique moyen en France méridionale par Samuel van Willigen, Jean-Philippe Sargiano et André D’Anna.

- Elaboration et publication monographique de la fouille de l’abri-sous-roche néolithique du Mourre de la Barque (Jouques, Bouches-du-Rhône) sous la direction de Samuel van Willigen.

Archéologie des images

L’étude des images préhistoriques holocènes se développe sur plusieurs terrains dans le cadre de diverses collaborations internationales :

- en Provence, travaux consacrés aux stèles anthropomorphes par André D’Anna.
- dans l’arc alpin, études réalisées par Claudia Defrasne en collaboration avec des chercheurs d’EDYTEM et l’université de Barcelone ;
- dans le Sahara oriental par Maxence Bailly dans le cadre de l’opération franco-égyptienne du Wadi Abu Subeira Archaeological Survey en collaboration avec l’IRD et le Ministery of States Antiquities d’Egypte ;
- dans le Sahara central par Frédérique Duquesnoy dans le cadre de collaborations avec l’IMAf ;
- dans le Sahara occidental (au sens géographique) par Maxence Bailly et Guy André dans le cadre d’une coopération avec l’IRD et la Direction du Patrimoine Marocain ;
- dans le Haut-Atlas marocain dans le cadre d’une coopération avec l’IRD et la Direction du Patrimoine Marocain par Maxence Bailly.

Ces problématiques trouvent également leur développement dans le cadre de travaux de doctorats.

Rédaction M. Bailly & J.-P. Bracco
Mise à jour : 1er novembre 2016